Trans Radio : transmission, transgression et transe en direct du Festival Amwaj
- LES BONNES ONDES

- 15 janv.
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 19 janv.
C'était un après-midi de décembre vibrant dans les jardins de l'Institut Français de Casablanca. Le micro était ouvert, le public présent, et l'équipe s'est réunie autour d'un préfixe lourd de sens : TRANS. Transmission, transgression, transition, identité...
Revivez l'émission "Trans Radio" enregistrée en public lors de la 2e édition du Festival Amwaj. Un festival dédié à la création sonore et porté par l'Institut Français du Maroc, le studio Les Bonnes Ondes et avec la complicité de Longueur d'Ondes.

Une émission, mille transformations
Sous la houlette d'Ibtihal (médecin le jour, stand-uppeuse la nuit), entourée de sa bande : Yasmine Kaddouri, Safaa Issaad, Karim El Haddady et Selma Naguib, cette émission explore ce qui se passe, ce qui se tait et ce qui se transforme entre les générations, dans l'art et dans les rapports de genre.
Au programme de cette heure de radio libre :
Que se passe-t-il quand un amoureux des mots troque sa plume contre un micro ? Karim El Haddady, journaliste et écrivain, nous raconte l’envers du décor de cette semaine de création. Entre humour, regard finement observateur et poésie du quotidien, il nous embarque dans les coulisses de notre radio éphémère.
1. L'intime et l'archive avec Mehdi Ahoudig : Le grand documentariste sonore (Prix Europa) nous plonge dans une enquête personnelle bouleversante. Mehdi Ahoudig partage une correspondance intime datant de 1959 entre ses parents, interrogeant les silences de l'histoire familiale et la figure du père immigré. Le sujet : Comment la radio permet-elle de "découper le réel" pour raconter ce qui a été tu ?
2. "Trans'o'mission" : Dans cette chronique, Safaa Issaad, spécialiste en questions de genre et d’égalité, explore la face cachée de l’héritage entre femmes : les non-dits. Entre transmission et omission, elle décortique ces "stratégies de survie" que chaque femme bricole en solitaire, dans l’ombre de la violence “ordinaire”. Elle nous pousse à révéler ce qui ne se dit pas - de mère en fille, d’aînée à plus jeune, entre amies ou collègues - pour ne plus laisser le silence en héritage.
3. La métamorphose et l'Aïta avec Amine Nawny : Membre de la troupe Kabareh Cheikhats, Amine Nawny, revient sur la puissance de l’incarnation scénique. Il montre comment l’Aïta, en tant que patrimoine vivant, porte l’histoire sociale du Maroc et comment la performance ouvre un accès à une expérience universelle.
4. Trans-zmaggria : Une chronique qui nous embarque à toute vitesse dans les colères et les espoirs de la diaspora marocaine en quête de sens, d’enracinement et de compréhension. Elle tisse un pont entre récits intimes et luttes collectives, dans une perspective transcontinentale. On y découvre la voix de Yasmine Kaddouri, militante antiraciste et décoloniale.
5. Musicalité et mémoire avec Amina Bensouda : La chanteuse et compositrice Amina Bensouda nous offre un moment de grâce avec son titre "À mon père". Une discussion émouvante sur la musique comme vecteur d'amour et de mémoire.
6. Masculinités et féminisme avec Soufiane Hennani : Le créateur du podcast Machi Rojola vient déconstruire les mythes de la virilité. Soufiane explique le féminisme aux hommes et parle de cette "transmission du silence" qu'il faut absolument briser pour permettre l'expression des émotions.
7. "Amour et Chaos", la lettre de Selma à Casablanca : Selma Naguib, commissaire d'exposition, clôture ce voyage avec une déclaration d'amour ambivalente à Casablanca, cette ville "du vacarme incessant", ville monstre et ville mère qui nourrit ses artistes.
Finalement, après avoir animé une magnifique heure et demie de plateau en tant qu’hôte, Ibtihal El Abassi répond à notre interrogation : médecin ou stand-uppeuse ? Sa réponse est claire : les deux. C'est une “Comédecin”.








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