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Les Choses humaines - de Karine Tuil

"On était souvent déçu par la vie, par soi, par les autres... C’était le cours invariable des choses humaines."

C'est par la fin du roman que Loubna Serraj choisit d'ouvrir ce nouvel épisode d'En Roue Livres. Aujourd'hui, nous nous attaquons à un livre qui laisse perplexe, voire profondément mal à l'aise : "Les Choses humaines" de Karine Tuil (Gallimard).


⚠️ Avertissement : Cet épisode aborde des thèmes sensibles liés aux violences sexuelles, au consentement et aux procédures judiciaires. Certains propos ou extraits cités peuvent heurter la sensibilité des auditeurices. L'écoute est recommandée à un public averti.


Un procès, deux réalités


Karine Tuil pose son cadre comme une photographe ajusterait sa mise au point. D'un côté, le clan Farel : puissance, intellect, réussite. Jean, le journaliste indéboulonnable qui veut "tout contrôler", et Claire, l'essayiste féministe. De l'autre, la chute. Leur fils prodige, Alexandre, est accusé de viol par Mila. Une accusation qui transforme la vie parfaite en un champ de ruines judiciaire.


Un récit clinique, sans empathie

Dans cet épisode, Loubna Serraj analyse le style chirurgical de l'autrice. Karine Tuil refuse de rendre ses personnages sympathiques. Jean est arrogant, Alexandre froid, et même la victime peut sembler ambivalente. Ce choix narratif fort nous force à regarder la réalité en face : la culture du viol, le consentement, et cette fameuse "zone grise" invoquée par la défense. Peut-on détruire la vie d'un jeune homme brillant pour "20 minutes d'action", comme l'ose dire le père ?


Du roman à l'écran

Inspiré du scandale réel de l'université de Stanford en 2015, le roman interroge notre propre justice. Loubna revient également sur l'adaptation cinématographique d'Yvan Attal (2021). Le film réussit-il là où le livre nous bouscule ? Si le long-métrage "humanise" peut-être trop les personnages là où le livre restait froid, il offre une plaidoirie finale qui ne laisse personne indifférent.


Un épisode pour comprendre comment la machine médiatico-judiciaire peut broyer les certitudes.

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