Sauver la mer, sauvé·es en mer : Quand le son brise le silence de la Méditerranée
- LES BONNES ONDES
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En Octobre 2025, le festival Bruits Roses a ouvert ses portes sur une question vertigineuse : à qui appartient la mer ? Au MucemLab, c'est une table ronde qui a réuni des voix venues de Marseille, de Madrid et de Casablanca. Mehdi El Kindi (Les Bonnes Ondes), Manu Tomillo (journaliste audio) et Aurélie Darbouret (anthropologue) ont exploré ce territoire qui est autant un berceau de vie qu'un cimetière ou une frontière de fer.

Écouter sous la surface : un monde saturé
Aurélie Darbouret a ouvert le débat en nous plongeant littéralement sous l'eau. Loin du mythe du "monde du silence", ses enregistrements dans la baie de Marseille révèlent une réalité brutale : l'omniprésence du bruit humain. Moteurs thermiques et électriques saturent l'espace, rendant le milieu invivable pour ses habitants naturels.
"La mer n'est pas un espace libre d'accès ou d'usage. C'est une écoute outillée qui nous rappelle notre position d'espèce humaine et nos interactions délétères avec les autres vivants." — Aurélie Darbouret
Sortir des chiffres, raconter les vies
Pour Mehdi El Kindi et Manu Tomillo, la mer est indissociable des récits de ceux qui la traversent au péril de leur vie. Au-delà des statistiques froides des grands médias, le podcast permet de redonner une identité et une voix à ceux que le système tente d'effacer.
Mehdi a partagé l'histoire de Jamal, rencontrée lors du travail de terrain de Dounia Mseffer pour Aatchanin, un reportage sur le stress hydrique au Maroc. Ce jeune homme, dont le quotidien est marqué par l'assèchement des barrages, ne rêve que de prendre le large. Manu, de son côté, a ramené du Liban la voix d'Ibrahim, réfugié palestinien ayant survécu à trois tentatives de traversée.
Le podcast : un acte éminemment politique
Est-ce du militantisme ? Pour nos invités, c'est avant tout du journalisme et de la création engagée. "Si tu effaces ces voix, tu joues le jeu du système", affirme Mehdi El Kindi. Dans un monde où la liberté d'expression se réduit, le son devient un espace de résistance, un moyen de "tricher" avec les lignes pour faire entendre l'invisible.




